| Résumé |
Le 19 mars 1944, Albert Camus et Maria Casarès se croisent chez Michel Leiris, lors de la fameuse représentation-lecture du « Désir attrapé par la queue » de Pablo Picasso. LL’ancienne élève du Conservatoire national dd’art dramatique, originaire de La Corogne (Galice) et fille dd’un ancien président du Conseil de la Seconde République espagnole exilé à Paris en 1936, nn’a alors que vingt-deux ans. Parlant parfaitement français, elle a débuté sa carrière dd’actrice en 1942 au Théátre des Mathurins, au moment où Albert Camus publiait « LL’Étranger » et « Le Mythe de Sisyphe » chez Gallimard. Albert Camus vit alors seul à Paris, la guerre ll’ayant éloigné depuis deux ans de son épouse Francine, enseignante à Oran. Sensible au jeu, au tempérament et à la beauté de ll’actrice, Albert Camus lui confie le róle de Martha pour la création de sa pièce « Le Malentendu » en juin 1944. Et durant la nuit du Débarquement en Normandie, sortant dd’une soirée chez leur ami Charles Dullin, Albert Camus et Maria Casarès deviennent amants. Il ne ss’agit là encore que du prélude à une grande histoire amoureuse ; car Maria décide de mettre fin à cette relation qui lui semble sans avenir, au vu de la situation conjugale de son amant. Mais quatre ans exactement après leur première déclaration, le 6 juin 1948, Albert et Maria se retrouvent, par un heureux hasard, sur un boulevard parisien ; leur histoire commune reprend alors, plus passionnée que jamais, et sans interruption jusquu’à la mort accidentelle de ll’écrivain, au début de ll’année 1960. Durant toutes ces années, Albert et Maria nn’ont jamais cessé de ss’écrire, notamment lors des longues semaines de séparation dues à leur engagement artistique et intellectuel, aux séjours au grand air ou aux obligations familiales. Sur fond de vie publique et dd’activité créatrice (les livres et les conférences, pour ll’écrivain ; les tournées avec la Comédie-Française et le TNP pour ll’actrice), leur correspondance croisée, demeurée inédite jusquu’à ce jour, révèle quelle fut ll’intensité de leur relation intime, ss’éprouvant dans le manque et ll’absence autant que dans le consentement mutuel, la brúlure du désir, la jouissance des jours partagés, les travaux en commun et la quéte du véritable amour, de sa parfaite formulation et de son accomplissement. Nous savions que ll’l’œuvre dd’Albert Camus était traversée par la pensée et ll’expérience de ll’amour, jusquu’aux dossiers préparatoires du « Premier Homme ». La publication de cette immense correspondance révèle la pierre angulaire de cette constante préoccupation : ll’amour, ll’inévitable amour. « Quand on a aimé quelquu’un, on ll’aime toujours », confiait Maria Casarès bien après la mort dd’Albert Camus ; « lorsquu’une fois, on nn’a plus été seule, on ne ll’est plus jamais ». |