| Résumé |
Le 17 septembre 2010, à Sidi Bouzid, une ville du centre de la Tunisie, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, ss’immole par le feu et embrase le monde arabe. Les régimes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi sont précipités dans les flammes et ll’incendie porte jusquu’à Bahreïn, au Yémen et en Syrie. En deux ans, les révolutions ont abattu des dictatures, mais fréquemment porté au pouvoir les Frères musulmans. Le salafisme prolifère, nourri du désenchantement de jeunes et de déshérités dont la pauvreté ss’est accrue. Et al-Qaida, quu’on croyait enterrée, resurgit de la Syrie au Mali. Que sont devenues la liberté, la démocratie, la justice sociale revendiquées par les « printemps arabes » ? Quel est le róle des pétromonarchies du Golfe dans ll’arrivée au pouvoir des partis islamistes ? Pourquoi le conflit entre sunnites et chiites est-il en train de détourner ll’énergie des révolutions, tandis que la Syrie ss’enfonce dans des souffrances inouïes ? Gilles Kepel, familier du monde arabe depuis quatre décennies, est retourné partout - Palestine, Israël, Egypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite, Liban, Turquie, Syrie -, et a rencontré tout le monde salafistes et laïcs, Frères musulmans et militaires, djihadistes et intellectuels, ministres et fellahs, diplómés-chómeurs et rentiers de ll’or noir
De ce périple, il a rapporté un Journal. Écrit sur le vif puis enrichi au cabinet de travail, il capte en quatorze chapitres, conçus comme autant de stations, les déchirements intimes de ces sociétés. La passion de ll’auteur y rend compte en écrivain, par la violence et les épreuves, mais aussi ll’espérance, dd’une incoercible Passion arabe. Gilles Kepel est membre de ll’Institut Universitaire de France, et professeur à Sciences Po. |