000 03591cam0a22002412 4500
001 6784
005 20220622144527.0
010 _a2-221-07810-1
090 _a6784
099 _tLIVR
100 _a20081119d2000 u0frey5003 ba
101 _afre
200 1 _aLes maítres de l'étrange et de la peur
_bTexte imprimé
_ede l'abbé Prévost à Guillaume Apollinaire
_féd. établie par Francis Lacassin
_gpréf., notices biographiques des auteurs par Francis Lacassin
210 _aParis
_cR. Laffont
_d2000
215 _aVIII-911 p.
_ccouv. ill.
_d21 cm
225 2 _aBouquins
330 _aCette anthologie prend la suite de la plus grande entreprise de librairie du XVIIIe siècle, le Cabinet des fées, qui rassemblait en quarante et un volumes tous les contes dévoués au merveilleux et au surnaturel depuis Homère jusqu'aux Contes de Perrault, en passant par Les Mille et Une Nuits. Le genre fantastique connaít d'abord une lente genèse avec l'abbé Prévost, le marquis de Sade, Cazotte avant d'exploser au siècle suivant. Jusqu'à Guillaume Apollinaire, quelque cent cinquante auteurs se sont divertis à piéger la curiosité du lecteur et à l'entraíner dans le jeu de la peur et de l'incroyable, dont il ressort ébloui, torturé par un malaise qu'aucune fée ou aucun enchanteur ne vient dissiper."Vous me demandez, frère, si j'ai aimé ; oui. C'est une histoire singulière et terrible, et, quoique j'aie soixante-six ans, j'ose à peine remuer la cendre de ce souvenir. Je ne veux rien vous refuser, mais je ne ferais pas à une áme moins éprouvée un pareil récit. Ce sont des événements si étranges, que je ne puis croire qu'ils me soient arrivés. J'ai été pendant plus de trois ans le jouet d'une illusion singulière et diabolique. Moi, pauvre prétre de campagne, j'ai mené en réve toutes les nuits (Dieu veuille que ce soit un réve !) une vie de damné, une vie de mondain et de Sardanapale. Un seul regard trop plein de complaisance jeté sur une femme pensa causer la perte de mon áme ; mais enfin, avec l'aide de Dieu et de mon saint patron, je suis parvenu à chasser l'esprit malin qui s'était emparé de moi. Mon existence s'était compliquée d'une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j'étais un prétre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes ; la nuit, dès que j'avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant ; et lorsqu'au lever de l'aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m'endormais et que je révais que j'étais prétre. De cette vie somnambulique il m'est resté des souvenirs d'objets et de mots dont je ne puis pas me défendre, et, quoique je ne sois jamais sorti des murs de mon presbytère, on dirait plutót, à m'entendre, un homme ayant usé de tout et revenu du monde, qui est entré en religion et qui veut finir dans le sein de Dieu des jours trop agités, qu'un humble séminariste qui a vieilli dans une cure ignorée, au fond d'un bois et sans aucun rapport avec les choses du siècle." Oui, j'ai aimé comme personne au monde n'a aimé, d'un amour insensé et furieux, si violent que je suis étonné qu'il n'ait pas fait éclater mon coeur. Ah ! quelles nuits ! quelles nuits ! "Théophile Gautier,La Morte amoureuse
610 _aNouvelles fantastiques françaises
702 _39518
_aLacassin
_bFrancis
_f1932?-....
_4340
801 1 _bBNF
_cYYYYMMDD
_aFR
_gAFNOR
801 2 _aFR
_bFlorensac
_c20220122
_gAFNOR
801 3 _aFR
_bFlorensac
_c20220221
_gAFNOR