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200 1 _aLa Peste
_bTexte imprimé
_fAlbert Camus
210 _a[Paris]
_cGallimard
_d1972
215 _a313 p.
_ccouv. ill. en coul.
_d18 cm
225 2 _aFolio
_v42
330 _a« Je relis La Peste, lentement – pour la troisième fois. CC’est un très grand livre, et qui grandira. Je me réjouis du succès quu’il obtient – mais le vrai succès sera dans la durée, et par ll’enseignement par la beauté », écrit Louis Guilloux en juillet 1947 à son ami Albert Camus à propos du roman sorti en librairie le 10 juin. Retour sur la genèse de La Peste. Louis Guilloux, rencontré chez Gallimard au cours de ll’été 1945, et Jean Grenier, ancien professeur de philosophie dd’Albert Camus à Alger, furent les témoins de ll’écriture du roman, commencé au cours de ll’été 1942 et achevé en décembre 1946. Le 22 septembre 1942, Albert Camus écrit à Jean Grenier quu’il travaille « à une sorte de roman sur la peste », et poursuit quelques jours après : « Ce que jj’écris sur la peste nn’est pas documentaire, bien entendu, mais je me suis fait une documentation assez sérieuse, historique et médicale, parce quu’on y trouve des “prétextess”. » De fait, le roman est en gestation depuis plusieurs années. Camus – dont les premières notes sur le sujet ont été prises fin 1938 –, ss’est abondamment documenté sur les grandes pestes de ll’histoire dans le courant du mois dd’octobre 1940. Son projet se précise dans ses Carnets en avril 1941, où figurent la mention « Peste ou aventure (roman) », suivi dd’un développement portant le titre La Peste libératrice. À André Malraux, qui a pressenti en Camus, jeune auteur encore inconnu en France, un « écrivain important » et ss’emploie à faire publier chez Gallimard un premier roman intitulé LL’Étranger, il écrit le 13 mars 1942 dd’Oran, où il réside depuis janvier 1941 : « Dès que jj’irai mieux je continuerai mon travail : un roman sur la peste. Dit comme cela, cc’est bizarre. Mais ce serait très long de vous expliquer pourquoi ce sujet me paraít si "naturel". » Et, tandis que LL’Étranger, bientót suivi dd’un essai, Le Mythe de Sisyphe, sont publiés à ll’enseigne de la NRF, Camus commence le travail dd’écriture proprement dit au Panelier dans le Vivarais, où il ss’est installé en aoút 1942 pour soigner une rechute de tuberculose. Le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942 suivi de ll’entrée des Allemands en zone Sud ll’empéche de rejoindre son épouse rentrée en Algérie en octobre. « 11 novembre. Comme des rats ! » ss’exclame-t-il dans ses Carnets, avant de noter quelques pages plus loin, fin 1942 ou début 1943 : « Je veux exprimer au moyen de la peste l'étouffement dont nous avons tous souffert et l'atmosphère de menace et d'exil dans laquelle nous avons vécu. Je veux du méme coup étendre cette interprétation à la notion d'existence en général. La peste donnera l'image de ceux qui dans cette guerre ont eu la part de la réflexion, du silence – et celle de la souffrance morale. » Le roman aborde ainsi les thèmes de ll’exil, de la séparation et de la solitude. Il avait déjà envisagé, en aoút 1942, de donner pour titre au roman, situé à Oran qu'il n'aimait pas, « Les Séparés », puis, en septembre, de ne pas « mettre “La Pestee” dans le titre. Mais quelque chose comme “Les Prisonnierss”. » Le roman, « première tentation de mise en forme d'une passion collective » (Carnets, 1946), est aussi la représentation de la lutte contre le nazisme et la guerre. CC’est bien ainsi que ll’entend Francis Ponge dans une lettre adressée à Camus en aoút 1943. Faisant référence à conférence de Québec, où Américains et Anglais débattaient de la question stratégique du « second front », il encourage Camus à poursuivre dans ce sens : « Je crois quu’il y aura des chapitres à ajouter à La Peste, ou un nouveau livre à écrire sur de nouvelles formes de cette maladie pestilentielle…. » Les lecteurs ne ss’y sont pas trompés à la parution du roman. À Roland Bathes, Camus écrivait en février 1955 que « La Peste [...] a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n'est pas nommé, tout le monde l'a reconnu, et dans tous les pays d'Europe. [...] La Peste, dans un sens, est plus qu'une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n'est pas moins. » Une première version de La Peste est achevée en janvier 1943. Peu satisfait, Camus entreprend aussitót une seconde version, tout en menant en parallèle dd’autres projets dd’écriture. Grippé, il écrit à Francis Ponge en aoút 1943 : « Il y a un mois que je nn’ai pas écrit une ligne. Caligula et Le Malentendu, La Peste et mon étude sur dd’Aubigné, tout cela dort et je traine dans ll’inertie. » Le 15 janvier 1944, toujours à Ponge, il annonce travailler « à mon chapitre sur la révolte que je donnerai à Grenier. Il vient sans venir. Ensuite, La Peste. JJ’attends ce moment avec impatience. Je crois que cette fois je tiens le bon bout ». Puis, fin mars : « Je suis revenu à La Peste. CC’est-à-dire que le soir, tard, après des journées écrasantes, je regarde le manuscrit et je réve à autre chose. Mais il en sortira peut-étre quelque chose. » Entre temps, ll’écrivain est devenu éditorialiste à Combat après quu’il eut
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